Les cours du pétrole impactent les Huiles usagées

Marché - Article publié le par  (30/11/2015)




Les collecteurs d’huiles ne sont pas à la fête et subissent de plein fouet la baisse des cours du pétrole. Par définition, l’huile est un dérivé d’hydrocarbures. Or, ceux-ci connaissent actuellement une baisse comme rarement, ce qui mécaniquement implique un tassement des produits neufs.

Le régénéré suit malgré lui cette tendance avec cette particularité que les coûts de collecte ne sont pas compressibles mais sont malgré tout encadrés à la baisse par le seuil plancher de la reprise gratuite.

Pendant plus d’une vingtaine d’années, la collecte des huiles a été supervisée et financée par l’Ademe, ce qui permit entre autres de la rationaliser et d’instaurer une reprise gratuite garante des bonnes pratiques. Trop de réparateurs et de détenteurs recouraient facilement à « l’élimination sauvage » vers le milieu naturel. Le dispositif étant parvenu à un efficace rythme de croisière, l’état est revenu à un système « libéral » non subventionné, avec l’accord des collecteurs dans un environnement où les cours semblaient garantir la pérennité de leur activité, le tout à condition réglementaire de gratuité de collecte.

Pour n’importe quel produit ou déchet, la logique impliquerait de faire participer le détenteur aux frais d’élimination. Dans le cas des huiles usagées, les collecteurs ont poussé eux-mêmes à la libéralisation de leur filière, et une mesure inverse risquerait de faire désordre. Les marges des professionnels sont donc prises entre les valeurs de rachat qui écrasent les frais de collecte et la valeur psychologiquement établie de reprise à coût zéro.

En un an, les valeurs de reprise des huiles usagées ont baissé de près de moitié, pour descendre aux alentours de 60 / 80 euros en regard d’un coût de collecte moyen estimé à une centaine d’euros. Pour les collecteurs, la baisse arrive en frontal, avec une conséquence drastique et immédiate sur la recherche de postes d’économies, dont les investissements.