Fert démolition : Effet de maillage

Entreprise - Article publié le par  (09/2/2011)




Dans le sud, Olivier Fert est parti d’une entreprise pour arriver à une dimension multi-sites et multi-activités.

Parcours original que celui d’Olivier Fert, fils de brocanteur devenu ébéniste avant d’embrasser la profession de démolisseur. La révélation, il l’a en 1983 lorsqu’il s’arrête à Avignon pour trouver un moteur pour son break DS. Sa passion, c’est plutôt la moto, mais qu’importe… Le métier l’intéresse, et il reprend peu après une démolition à Valréas.

C’est l’époque de l’apprentissage du métier, sans contrat d’assurances, ce qui explique pour M. Fert une dizaine d’années difficiles : « C’est tout le problème du démarrage ou de la reprise d’entreprise. Sans contrat d’assurances, on manque inéluctablement de volumes et de fait, on est condamné à progresser doucement. Bien sur, on peut acheter des véhicules chez d’autres démolisseurs, mais cela représente un investissement en temps qu’on ne peut consacrer ailleurs ». Les premiers contrats arriveront en 1992. La montée en puissance des volumes coïncidera de fait avec le rachat de plusieurs entreprises selon une progression quasi-programmée. En 1993, Fert Démolition rachète un site à Montélimar, puis en 2004 à l’Etoile, en 2007 à Cavaillon, et en 2008 à Aubagne.

Si cette série d’implantations a évidemment pour but de créer un maillage régional, son effet second répond au souci de sectoriser les différentes activités qui se sont progressivement imposées avec les volumes. A noter que la Ville de Valréas détient la particularité unique en France de constituer une enclave du département du Vaucluse dans celui de la Drôme, ce qui lui confère de fait un statut géographique particulier.

Au fil du temps, certains sites se sont spécialisés sur certains types de véhicules. Valréas en constitue le cœur et regroupe trois sites : les pièces agricoles où sont traités une vingtaine de tracteurs par mois, activité qui a pris son essor lors de la signature d’une convention « agricole » avec Groupama sur toute la France, les motos et deux-roues pour lesquels un hangar a été affecté. Cette activité s’est imposée de fait, d’une part parce qu’elle correspond à une passion du patron, mais également parce qu’une grande partie du personnel était adepte du deux-roues, sans oublier le site historique qui, outre la démolition traditionnelle, gère également une division tournée vers les véhicules rares ou « exotiques » : sportives, 4x4, collection et autres bizarreries ; une société, FL Industrie, a été créée en 2004 pour le négoce de ferrailles et métaux. Les autres sites de Montelimar, La Coucourde, Cavaillon sont généralistes, tandis que le terrain de l’Etoile est plus spécialisé en utilitaires.

Au total, ce qu’il convient d’appeler le groupe Fert emploie 80 personnes et a traité 18 000 voitures l’année passée : 3 000 en provenance de particuliers, 11 000 venant d’assurances, 5 000 de constructeurs et de garages. L’entreprise fait très peu de vente en pièce neuve, tout juste en complément de ce qu’Olivier Fert appelle soin cœur de métier, c’est-à-dire le réemploi. En revanche, l’export représente une cinquantaine de containers par mois, Maurice, Espagne, Grèce, Roumanie, Lituanie, Syrie, Sénégal, Maroc… Les ventes de véhicules, accidentés ou non, avoisinent les 2 000 unités par an.

Le recyclage est actuellement dynamisé, ce qui devrait se traduire par une montrée en puissance et en équipements de la société FL Industrie. Là aussi, on retrouve les mêmes difficultés sur certains produits : « Nous avons acheté un broyeur à plastiques qui a servi pendant quelques mois, et puis nous l’avons mis en sommeil avec la chute des cours. Mias nous ne désespérons pas et avons mis en place un programme où la valorisation d’un maximum de matières devrait être optimisé. J’estime que pour notre profession, le recyclage n’est pas seulement une rentabilité mais qu’il s’agit d’un axe de crédibilité ». Olivier Fert n’entend pas s’arrêter là. Pour lui, l’avenir passe par la croissance externe. Il considère que la proximité de plusieurs sites constituera une force, ce qui n’exclut pas de créer un site central pour accueillir les à-coups et afflux massifs de véhicules : « Les primes nous ont amené à nos limites, et il ne faut pas exclure d’autres évènements de ce type, comme par exemple une éco-taxe dont j’imagine mal les effets, mais dont je pense qu’elle viendra un jour ».

Prochain dossier, la mise en réseau de tous les sites afin de répondre aux demandes de pièces.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans votre magazine auto recyclage n° 89.