Bretagne Récupération Automobile (Morbihan)

Entreprise - Article publié le par  (12/1/2011)




Le grand tournant

Bretagne Récupération Automobile a opté pour une optimisation radicale de ses installations. Avec l’ergonomie en prime.

Près de Vannes, les Coleno sont plutôt satisfaits de l’évolution de l’entreprise familiale. En moins de 10 ans, les installations ont été remaniées. Comme nombre d’entreprises, BRA est partie de rien ou presque. En 1984, Christian Coleno démarre une activité de dépannage. Mécanicien TP de profession, il aime les interventions de terrain et très vite, le site d’Elven affiche ses limites avec un nombre d’épaves qui appelle spontanément l’activité de démolition. Il fera d’ailleurs immédiatement la demande d’ICPE. Un an après, il succombe à un accident de voiture, et son épouse se retrouve avec une entreprise en plein démarrage à gérer, et accessoirement avec trois enfants dans les bras. Marie Madeleine fera face, avec l’aide de son frère Christian appelé à la rescousse, et qui est encore dans l’entreprise, au magasin, aujourd’hui. Pendant près de 20 ans, l’activité fonctionnera selon un schéma traditionnel avec un petit hangar sur 1,5 ha, impliquant de travailler en extérieur.

En 2000, un premier agrandissement est réalisé, mais s’avèrera finalement inutile lorsque le grand tournant de l’entreprise mettra en évidence la nécessité de tout reprendre à zéro.

 

Des échanges animés

Le grand chambardement s’appelle Jean Francois Coleno. Il vient d’obtenir son diplôme de mécanique quand il arrive en 1998. Il connaît bien l’entreprise pour y avoir passé une bonne partie de son enfance. Pour lui, les installations doivent être remaniées. De toutes façons, l’avenir l’imposera, et notamment avec l’imminence des textes européens. Cette stratégie occasionne d’ailleurs des échanges animés, tous les membres de la famille ne partageant pas forcément cette vision…

La décision est prise en 2007 avec la création de deux bâtiments entièrement neufs et le bétonnage de la moitié de la surface au sol. La grande difficulté vient évidemment du fait que pendant les travaux, la vente doit continuer de même que le traitement des véhicules. Après deux ans d’acrobaties quotidiennes, les nouvelles installations sont opérationnelles : un local pour l’exploitation, démontage, stockage des petites pièces, magasin et administratif, ce qui permet entre autres d’avoir un œil sur ces trois activités, et un autre bâtiment plus tourné vers le lourd, soit le stockage des mécaniques destinées à la vente en réemploi, à l’export, ou en matières.

Bien sûr, des bâtiments flambants neufs font d’eux-mêmes toute la différence, mais encore… L’organisation intérieure est matérialisée à tous les niveaux, car l’ergonomie, le confort de travail et la signalétique ont été privilégiées. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du projet.

 

Avec le même nombre d’employés

Pour Jean François Coleno, rien n’est d’ailleurs complètement définitif : « Avant de finaliser les emplacements actuels, nous avons fait plusieurs essais et rien ne dit que nous ne changerons pas de nouveau si nous trouvons mieux ou si une nouvelle organisation l’exige. Je pense que nous sommes arrivés à un niveau d’organisation tout à fait satisfaisant. Une évidence, c’est que, entre nos investissements qui sont d’un million d’euros et une organisation plus rationnelle, nous avons considérablement amélioré notre rentabilité. Nos temps de dépollution et de traitement et démontage des VHU ont baissé au moins d’un tiers. Par ailleurs, nous valorisons beaucoup plus en termes de matières, ce qui est du au fait que tout le matériel est regroupé et que toutes les destinations sont identifiées. Quant aux conditions de travail, il suffit de demander au personnel… Avant de lancer les travaux, nous avions hésité entre améliorer l’existant et tout casser pour du neuf, et je crois que nous avons bien fait de choisir la version 2. De plus, je crois que le bricolage aurait couté plus cher ».

Une des matérialisations de cette rentabilité accrue passe par le nombre de véhicules traités l’année passée, soit 4500 voitures avec le même nombre d’employés (11). Ce chiffre, Jean François Coleno estime qu’il aurait été impossible de l‘atteindre avec l’ancienne configuration. Avant travaux, l’entreprise en traitait tout juste la moitié. Reste bien sur le problème de la place disponible, laquelle a fait cruellement défaut pour accueillir les voitures issues des primes. Il est évident qu’1,5 hectare justifierait une extension, mais on dépasse là le cadre de la seule organisation.

 

Vous avez dit signalétique ?

Des panneaux, des indications, des consignes, il y en a partout chez Bretagne Récupération Automobile. Petit aperçu de ce qui est souvent négligé dans les entreprises et pourtant si simple (et peu couteux) à réaliser.

 

Subventions, ceux qu’on attendait le moins…

Côté subventions, BRA est parvenu à obtenir 83 000 euros sur un total de 1 millions d’investissements. « Ce qui nous a surpris, explique Mme Coleno, c’est que les aides nous sont venues de ceux que l’on attendait le moins. L’Agence de l’eau nous a aidés sur une partie des installations techniques mais pas sur les surfaces bétonnées. La CRAM, l’Assurance maladie, a beaucoup suivi le projet pour tout ce qui concernait le personnel. Elle a réalisé un bilan sécurité avec évaluation des risques, puis nous avons suivi un stage.

Un des objectifs était l’absence de contact avec les produits comme les huiles et les carburants, et donc pas d’inhalation. Les conditions de travail importaient également, avec la généralisation de matériel de manutention et de levage, ce qui limitait les risques d’accident et d’éventuelles complications dues à la pénibilité. Le reste a porté sur le confort, comme la luminosité qui nous a amenés à faire une partie du toit vitré, le chauffage, et l’isolation thermique et phonique. Le test de la cloche est intéressant, car il permet d’évaluer les ondes de chocs dus au bruits ».

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