Pollutec - Table ronde VHU : Dernier tour de piste

Colloque - Article publié le par  (25/4/2011)




Initialement programmée en pleine paralysie lyonnaise, la table ronde VHU s’est réunie devant une assistance beaucoup plus restreinte que d’habitude. A la tribune, pratiquement tous les participants avaient bravé la météo. En pleine attente de la directive et quelques semaines après le colloque Filières et Recyclage de l’Ademe, cette rencontre faisait un peu double emploi. Elle a permis de clarifier quelques positions.

 

Casse sauvage

Seules 300 à 350 entreprises ont bénéficié des véhicules constructeurs, les autres fonctionnant normalement. Les primes constructeurs ont représenté 600 000 véhicules supplémentaires, soit des chiffres multipliés par 10 pour certains constructeurs comme Volkswagen. Les broyeurs ont connu une année 2009 avec des arrivées massives de carcasses à broyer conjuguées avec des difficultés d’écoulement des matières. Les résultats 2010 devraient être excellents avec de forts volumes en regard de niveaux de prix élevés. Olivier François s’attend à une chute vertigineuse en 2011, laquelle sera peut être tempérée par les aides que les constructeurs poursuivent, mais jusque quand ?

Pour Olivier Gaudeau, Indra, la capacité à stocker des véhicules pourra constituer un effet d’amortisseur. Dorothée Decrop redoute un « trou d’air » dans la pièce. Selon le CNPA, environ 500 000 voitures partent vers la filière illégale. Les recycleurs CNPA ont proposé des mesures d’incitation afin que les particuliers ramènent leurs véhicules vers les casses agréées, afin d’estomper les « inégalités face aux charges publiques ». Pour Olivier François, ce flou durera tant que la définition du VHU ne sera pas clarifiée. Pour Olivier Gaudeau, les pages jaunes montrent qu’il y a de moins en moins de casses illégales. Revers de cette médaille, celles qui restent sont de plus en plus difficiles à identifier.

 

Décret

Les recycleurs CNPA s’estiment satisfaits par le décret VHU à 80 % mais redoute que la création de réseaux constructeurs crée plusieurs niveaux de communication et des amalgames dans l’esprit du public. Pour Olivier François, le point positif concerne la prise en charge des pneus par les constructeurs. A contrario, il redoute un certain flou dans les calculs d’atteinte des taux. Discours repris par Constantin Voluntaru qui attend de voir le mode de fonctionnement de l’instance de suivi. Olivier Gaudeau est satisfait par la notion d’obligation de résultats, mais estime que le calcul des taux exigera des moyens coercitifs.

 

Réseaux constructeurs

Pour M. Voluntaru, les constructeurs ne sont pas prêts à créer un réseau commun, alors que le décret VHU devrait concerner tous les véhicules de leur marque et pas seulement les reprises. Olivier François estime que le chiffre généralement annoncé de 400 centres agréés sur la France sera difficile à atteindre. Dorothée Decrop considère que la bonne remontée des reportings est à la portée des centres agréés. En conclusion, Olivier Gaudeau note qu’on assiste à l’aboutissement d’un vrai métier, avec l’émergence de nouveaux équilibres autour des filières de valorisation matières.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans votre magazine auto recyclage n° 91.